Mercredi, 20 août, 2025

La France attire chaque année de nombreux entrepreneurs étrangers désireux d’y développer leur activité. Toutefois, avant de se lancer, il est essentiel de comprendre le cadre fiscal applicable, les obligations légales et les avantages offerts aux investisseurs non-résidents. Cet article fait le point sur les principales règles fiscales en vigueur pour les entreprises créées ou dirigées par des étrangers en France.

 

1. Qui est concerné par le régime fiscal français ?

Le régime fiscal français s’applique à toute entreprise qui exerce une activité sur le territoire français, qu’elle soit détenue par un résident ou un non-résident. Les étrangers peuvent créer différents types de structures juridiques :

  • Entreprise individuelle (EI) ou micro-entreprise
  • Société à responsabilité limitée (SARL)
  • Société par actions simplifiée (SAS) ou SASU
  • Succursale ou filiale d’une société étrangère

La nature de la structure choisie aura un impact direct sur la fiscalité applicable.

 

2. Les impôts principaux applicables aux entreprises

 

a) Impôt sur les sociétés (IS)

La majorité des sociétés françaises (SARL, SAS, SA) sont soumises à l’Impôt sur les Sociétés. Les taux sont :

  • 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfices (sous conditions)
  • 25 % sur le bénéfice imposable au-delà de ce seuil

Les entreprises étrangères ayant une succursale en France sont également soumises à l’IS sur leurs bénéfices réalisés en France.

 

b) Impôt sur le revenu (IR)

Les entreprises individuelles et certaines sociétés de personnes (ex. SNC) peuvent être imposées directement entre les mains des associés ou de l’entrepreneur, dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), des bénéfices non commerciaux (BNC) ou agricoles (BA).

 

c) Taxe sur la valeur ajoutée (TVA)

Toute entreprise réalisant des ventes ou prestations en France est soumise à la TVA, dont les taux sont :

  • 20 % (taux normal)
  • 10 % (taux intermédiaire)
  • 5,5 % ou 2,1 % (taux réduits pour certains produits/services)

L’assujettissement à la TVA dépend du chiffre d’affaires et du type d’activité.

 

d) Cotisations sociales

Les dirigeants et travailleurs indépendants doivent s’acquitter de cotisations sociales auprès de l’URSSAF. Le montant dépend du statut choisi (assimilé salarié pour le président de SAS, travailleur non-salarié pour le gérant majoritaire de SARL).

 

3. Obligations fiscales des entrepreneurs étrangers

 

a) Déclaration et paiement des impôts

  • Déclaration annuelle des résultats (formulaire 2065 pour l’IS, 2031 pour l’IR).
  • Déclarations périodiques de TVA (mensuelles ou trimestrielles).
  • Versement des acomptes d’IS et régularisation en fin d’exercice.

 

b) Tenue de comptabilité

Toute entreprise doit tenir une comptabilité régulière et conforme aux normes françaises, avec dépôt des comptes annuels auprès du greffe du tribunal de commerce.

 

c) Numéro fiscal et immatriculation

Un entrepreneur étranger doit obtenir un numéro SIRET et s’immatriculer auprès du Centre de Formalités des Entreprises (CFE) ou du greffe compétent.

 

4. Fiscalité des dividendes et des plus-values pour les non-résidents

Les dividendes versés par une société française à un associé non-résident sont soumis à une retenue à la source de :

  • 12,8 % pour les personnes physiques résidant dans l’UE
  • 25 % pour les personnes résidant hors UE (taux pouvant être réduit par une convention fiscale bilatérale)

Les plus-values de cession de parts sociales ou d’actions peuvent également être imposées en France si la société détient des actifs majoritairement français.

 

5. Conventions fiscales internationales

La France a signé plus de 120 conventions fiscales visant à éviter la double imposition et à répartir le droit d’imposer entre les États. Ces conventions permettent souvent de réduire ou d’éliminer la retenue à la source sur les dividendes, intérêts ou redevances.

 

6. Régimes fiscaux avantageux pour les étrangers

 

a) Régime des impatriés

Les cadres et dirigeants venant travailler en France peuvent bénéficier d’exonérations partielles sur leur rémunération pendant huit ans, sous conditions.

 

b) Jeunes entreprises innovantes (JEI)

Les entreprises créées pour développer des projets innovants peuvent bénéficier d’exonérations fiscales et sociales importantes.

 

c) Crédit d’impôt recherche (CIR)

Les entreprises, françaises ou étrangères, menant des projets de R&D en France peuvent bénéficier d’un crédit d’impôt pouvant atteindre 30 % des dépenses de recherche.

 

7. Points de vigilance pour les entrepreneurs étrangers

  • Domiciliation fiscale : déterminer si l’entreprise ou l’entrepreneur est résident fiscal en France.
  • Choix de la structure : SAS, SARL ou succursale, chaque forme a des implications fiscales et sociales différentes.
  • Obligations déclaratives : les délais sont stricts et les sanctions en cas de non-conformité peuvent être lourdes.
  • Conventions fiscales : toujours vérifier si une convention bilatérale s’applique entre la France et votre pays d’origine.

 

8. Conseils pratiques pour réussir son implantation fiscale en France

  • S’entourer d’un expert-comptable et d’un avocat fiscaliste dès la création.
  • Évaluer la charge fiscale globale (IS, TVA, cotisations sociales) avant de choisir la structure.
  • Anticiper la fiscalité des flux internationaux (dividendes, facturation intragroupe).
  • Profiter des dispositifs incitatifs (CIR, JEI, régime des impatriés) si éligible.

 

Conclusion

La fiscalité française, réputée complexe, offre néanmoins des opportunités intéressantes pour les entrepreneurs étrangers souhaitant développer une activité sur le territoire. Une préparation minutieuse, le choix judicieux de la structure juridique et une bonne connaissance des conventions fiscales permettent d’optimiser son implantation tout en restant conforme à la réglementation.

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